< retour à la liste
Chroniques

Chronique 2017.11

Le SITEVI 2017 : Millésime quantitatif et qualitatif au goût international ...
♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
Alain CARBONNEAU, Ecophysiologiste, Professeur de Viticulture émérite,Montpellier SupAgro
Marie-Annette CARBONNEAU, Chimiste-Biochimiste, Enseignant-Chercheur, Faculté de Médecine, Université de Montpellier

 

Le SITEVI est un évènement international au-delà de ses aspects régionaux ou montpelliérains. A ce titre, il justifie une analyse dans le cadre du GiESCO. L’édition 2017 a été globalement un succès par le nombre des visiteurs, en hausse depuis la fois précédente, par la qualité de la plupart de ses présentations, en louant notamment l’effort déployé sur les stands. Les rencontres avec des collègues issus de nombreux pays, du Liban à la Chine en passant par le Chili, le Portugal et bien d’autres, confortent son rayonnement international. Ce succès, malgré – faut-il le rappeler – une conjoncture difficile en raison du contexte concurrentiel et de la faible récolte 2017, augure bien du devenir des installations du parc des expositions dont l’adaptation aux grands évènements de ce type devrait être améliorée. Déjà on pense à la suite avec le VINISUD 2018 et le salon Bio…

 

J’étais présent à ce SITEVI pour la signature de notre livre avec Jean-Louis Escudier ‘De l’Œnologie à la Viticulture’, dans le cadre du stand de VINSEO dédié à l’innovation en Occitanie organisé par Miguel Angel Sobas, et de celui de la Fédération des Caves Coopératives, le tout au niveau des halls dédiés aux organisations et à la presse. Les contacts développés à cette occasion ont été originaux et fructueux. Voici donc une série de faits qui ont retenu mon attention lors de ma visite du SITEVI les 28, 29, 30 novembre 2018.

 

La figure 1 illustre le bâtiment de l’Arena qui est le siège du matériel œnologique toujours très présent maintenant. En cheminant vers le sud, le complexe de salles de conférence a hébergé de nombreuses présentations intéressantes en raison des sujets proposés. Qu’il me soit permis de regretter tout de même , une fois encore, le manque de contenu scientifique objectif dans les exposés sur les cépages ‘dits résistants’ ! Mais d’autres évènements compenseront bientôt !

 

 

 

Figure 1. Bâtiment de l’Arena à l’entrée nord du parc des expositions.

 

 

Les halls dédiés à la Viticulture sont toujours particulièrement riches et attractifs. La figure 2 illustre un des points majeurs du salon qui est celui des établissements Pellenc. La rencontre avec Roger Pellenc, collègue et ami de longue date, avec le regretté Francis Sévila, a été pour moi un plaisir renouvelé. Rappelons que la créativité de Roger et de son équipe est exemplaire depuis plus de trente ans sur le matériel de taille et de récolte ; elle se tourne désormais vers les techniques de pressurage, autre lien entre œnologie et viticulture !

 

 

 

Figure 2. Un des stands des établissements Pellenc.

 

 

 

Les stands sont multiples et bien regroupés en général, comme par exemple autour de la pulvérisation. Le matériau de palissage apparait un peu dispersé. Les machines à vendanger attirent toujours autant de monde même si le classicisme semble prendre le pas sur la nouveauté (figure3).

 

 

Figure 3. Un des nombreux stands bien équipés sur la machine à vendanger.

 

 

Il y a eu tout de même des innovations. Les nouvelles technologies sont à l’honneur comme avec le robot à désherber dans les vignes, un peu gadget tout de même…Mais celle qui a probablement attiré le plus le public, en raison de sa similarité avec le monde de l’automobile, est le tracteur électrique (figure 4). Est-on réellement à l’aube d’un changement technologique guidé par les priorités environnementales ? C’est tout à fait possible ! En tout cas rendez-vous au prochain SITEVI !

 

 

Figure 4. Premier tracteur électrique de puissance 100 chevaux équipé de batteries avec 6h d’autonomie, proposé par l’IUT de Nîmes dans le cadre de la Fédération Gardoise des Vignerons Indépendants.

 

 

 

Un dernier tour de piste, et pourquoi pas un arrêt au rayon de l’arboriculture fruitière ? L’œil est attiré par une immense brosse, style épampreuse géante, qui est proposée comme outil d’éclaircissage mécanique des jeunes fruits. J’avoue avoir vu une telle machine pour la première fois ; son concept est on ne peut plus classique ; mais le fait nouveau est sa transposition possible à la viticulture dans des vignobles dont on ne sait plus que faire pour réduire le taux d’alcool potentiel ! La solution expérimentale proposée par le PAV de l’effeuillage à trous pourrait éventuellement trouver une solution technique par un ‘brushing’ intégral au-dessus de la zone de grappes, à condition qu’il laisse suffisamment de feuilles…

 

 

 

Figure 5. Grande brosse à éclaircissage des jeunes fruits. Une transposition possible à la viticulture pour réduire la surface foliaire en améliorant l’exposition ?

 

 

 

Enfin la figure 6 montre l’intérêt des politiques nationaux comme le Ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, régionaux comme la Présidente de la région Occitanie Carole Delga, et locaux. Espérons que le dialogue établi à l’occasion de ce SITEVI aura permis des avancées pour notre filière… En tout cas aucun lien entre cette photo et la précédente présentant une brosse qui n’est pas pour reluire !

 

 

 

 

Figure 6. Cortège officiel avec Stéphane Travert (second personnage en haut à gauche) Ministre de l’Agriculture et Carole Delga Présidente de la région Occitanie.